En 2017, le conseil de l’ordre des médecins du département portait plainte contre elle, pour exercice illégal de la médecine. Une enquête était diligentée. En 2018, les gendarmes débarquaient à son local pour procéder à une perquisition.
52 acupuncteurs indiqués dans les pages jaunes en Indre-et- Loire…
Un an et demi plus tard, cette femme comparaissait pour avoir pratiqué l’acupuncture, au cours d’une période allant d’avril 2014 à août 2018. Parce que celle qui a suivi une formation de médecine traditionnelle chinoise n’est pas médecin. Et la loi dit qu’elle n’a pas à se prévaloir du titre d’acupuncteur. Même si, comme son avocat le faisait remarquer au tribunal, « vous trouverez 52 acupuncteurs en Indre-et-Loire dans les pages jaunes », en sous-entendant que tous ne sont pas diplômés en médecine…
« Je n’étais pas au courant. Je suis déclarée comme telle depuis des années, notamment auprès de mon assureur. Je suis reconnue par l’Urssaf comme acupuncteur-naturopathe. C’est écrit sur ma plaque, sur mes cartes de visite, sur mon site internet et personne ne m’a jamais dit que je n’avais pas le droit… », se défendait-elle. Devant un tribunal qui semblait impassible face à son argumentaire, elle détaillait les contours de sa pratique « différente de celles des médecins. C’est un accompagnement énergétique à ce que propose la médecine ». Certes, quand elle reçoit quelqu’un à son cabinet, que ce soit pour des problèmes de surpoids, de stress, de perte du sommeil ou de la libido, elle lui prend le pouls, lui palpe le ventre… « Mais dans ma pratique, nous parlons des cinq éléments qui régissent l’énergie, le feu, la terre, le fer, le bois, et l’eau. C’est un travail de bien-être et de conseil. Je ne suis pas en concurrence avec les médecins, qui ont une action symptomatique. Alors que nous, elle est énergétique. »
80.000 euros en chèques versés sur son compte personnel…
La quadragénaire était aussi poursuivie pour avoir omis de déclarer des revenus au fisc entre 2015 et 2017 et confondu son compte professionnel et son compte personnel. Durant cette période, elle aurait versé 80.000 euros sur son compte personnel, pour faire face à de grosses difficultés personnelles et financières. Sur ce point, elle a dit avoir déjà tout reconnu auprès des services fiscaux, auxquels elle doit rembourser 7.000 euros de TVA et 25.000 euros d’impôts sur le revenu… « Si vous lui interdisez d’exercer la profession d’acupuncteur, vous signez son arrêt de mort économique, vu toutes les charges qu’elle a à payer », plaidait son conseil devant le tribunal.
Sans effet, puisque celui-ci condamnait la prévenue à cinq mois de prison avec sursis, et interdiction de pratiquer l’acupuncture.